dimanche, 31 décembre 2006
Les Gendarmes à Reims
Voici quelques informations tirées du journal local "L'Union", à la suite du déménagement tant attendu de la Caserne de Gendarmerie de la Rue Robespierre à l'emplacement de l'ancienne Caserne Jeanne d'Arc:
"Les premiers gendarmes sont arrivés à Jeanne-d'Arc.
Le projet évoqué depuis près de vingt ans est enfin devenu une réalité : les gendarmes rémois vont s'installer dans leur nouvelle caserne de la Zac Jeanne-d'Arc à partir de janvier. Reste à finir les logements.
Depuis le temps que les gendarmes de Reims attendaient ce moment.
Leur départ de la vieille caserne Robespierre pour le site flambant neuf de la Zac Jeanne-d'Arc devient une réalité. Construits rue Verrier, les bâtiments administratifs ainsi que les locaux techniques sont désormais opérationnels.
La remise des clefs a eu lieu le 15 décembre et ce sont les trente gendarmes adjoints volontaires (jeunes sous contrat de cinq ans) qui, les premiers, ont occupé les lieux.
Ils n'y travaillent pas encore car ils n'ont fait qu'emménager dans leurs chambres. Cette présence permet d'assurer une surveillance de la nouvelle caserne en attendant l'arrivée de toutes les unités à partir du mois de janvier : compagnie, brigade territoriale, brigade motorisée, brigade de prévention de la délinquance juvénile, brigade et section de recherches, peloton de surveillance et d'intervention (Psig) et groupe d'intervention régional (Gir), soit environ cent vingt personnes.
Les gendarmes vont procéder eux-mêmes au déménagement, à l'exception du transfert des matériels les plus lourds confié à une société privée. Si les bureaux et garages sont opérationnels, il reste à terminer les logements des familles (cent onze appartements et sept villas pour les officiers). Les dernières livraisons sont prévues fin 2008-début 2009.
D'un coût d'environ 35 millions d'euros, la nouvelle caserne de gendarmerie s'installe sur un terrain de 62.500 m2 avec aire de jeux, aire de sports, salle de loisirs, garages particuliers.
Elle surclasse la vieille caserne Robespierre, 6.600 m2 et un siècle d'âge, dont les locaux exigus ne correspondent plus ni aux effectifs, ni aux besoins.
Construite au début du XXe siècle, la caserne louée à l'Effort rémois appartient au département. Que deviendra-t-elle après le départ des dernières familles en 2008-2009 ? « Il n'y a rien de défini. C'est encore trop tôt. Le projet est en cours de réflexion », répond l'Effort rémois.
La rumeur d'une extension de la maison d'arrêt voisine avait circulé il y a quelques années. Elle a été démentie par l'administration pénitentiaire."
"Gendarmerie Robespierre : un siècle d'existence.
Depuis sa création en 1797, la brigade de gendarmerie de Reims avait toujours occupé la même caserne, devenue « insalubre et inadaptée à l'exécution des missions » si l'on en croit des rapports administratifs rédigés au début du XXe siècle.
C'est pour cette raison que la création d'une nouvelle caserne est décidée à l'époque. La construction prise en charge par le département aboutit rapidement : le 17 mai 1903, le procès-verbal d'installation de la brigade dans ses nouveaux locaux du boulevard Robespierre, alors rue Danton, est signé.
La caserne devient réellement opérationnelle le 25 mai de la même année. Elle abrite alors vingt-huit hommes répartis en cinq brigades (trois à pied, deux à cheval).
Jusqu'à la fin des années 70, seules la compagnie, la brigade territoriale et la brigade de recherches occupent les lieux, plus précisément les appartements du rez-de-chaussée.
Toutes les autres parties du bâtiment sont réservées au logement des personnels. De nouveaux immeubles pour les familles sont construits en 1976-1978 côté rue Battesti.
Le peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (Psig) s'installe dans la caserne en 1978, la brigade motorisée la même année, la section de recherches en 1980, le groupe d'intervention régional (Gir) en 2002.
Autant dire qu'on finissait par se marcher dessus dans les étroits couloirs et bureaux du bâtiment.
L'idée de construire une nouvelle gendarmerie s'est imposée dès la fin des années 80. Le premier terrain pressenti fut l'ancienne caserne Châtellus mais son emplacement face à la maison d'arrêt, avec vue directe sur les détenus qui des fenêtres n'auraient pas manqué d'insulter leurs nouveaux voisins, a fait capoter le projet.
La gendarmerie a finalement profité de la dissolution du 1er groupement de chasseurs en 1991 pour se replier sur le site de l'ancienne caserne Jeanne-d'Arc dont elle a récupéré six des quinze hectares."
Bonne & heureuse année 2007 ;-)
Amitiés marnaises,
Sylvain
07:25 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
samedi, 30 décembre 2006
Quand Reims bâtissait sa Cathédrale
Bon ben pour aujourd'hui je vais être une grosse couleuvre champenoise et laisser travailler les autres ;-) en l'occurence Annie, qui se présente ainsi:
"ANNIE RUAUD je suis née à REIMS le 22 Septembre 1945.
J'habite à ORLEANS à deux pas du Centre Ville.
Normal le parcours j'ai suivi Jeanne d'Arc à la trace. Je finirais peut être mes jours à ROUEN allez savoir ce que l'avenir me réserve !!!"
et qui nous a retracé ces jours derniers un magnifique historique de notre Cathédrale des Sacres à suivre sur...
- Aux premiers jours...
- la suite...
- suite & fin, déjà ???
Bonne visite...
Amitiés marnaises,
Sylvain
00:39 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 29 décembre 2006
Une célébrité marnaise: le Pape URBAIN II
Né vers 1042 dans un château des environs de Châtillon-sur-Marne, Eudes de Lagery, ancien abbé de Cluny, fut élu pape à Terracina le 12 mars 1088 sous le nom d'Urbain II.
En fait, à la suite de désaccords avec l'anti-pape Clément III, il ne fut réellement pape à part entière qu'à partir de 1093.
Mais c'est surtout son appel à la Croisade qui rendit à la papauté tout son prestige. En décidant le 26 novembre 1095 la mise sur pied de la première grande Croisade, il plaçait la papauté à la tête de tout l'Occident.
Urbain II mourut le 19 juillet 1099, deux semaines à peine avant la prise de Jérusalem par Godefroid de Bouillon.
Edifiée en 1888, une imposante statue, oeuvre d'Edouard Desperthes, domine une partie du vignoble champenois.
Elle fut érigée à l'emplacement de l'ancien château dont il ne reste plus aujourd'hui que les quelques vestiges qui entourent le monument.
Amitiés marnaises,
Sylvain
10:06 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 28 décembre 2006
Quelques informations historiques sur Pouillon
La première mention de Pouillon dans des écrits apparaît vers 850 après J.C. sous la dénomination "Villa Pullionis".
Le terme "Pullionis" est - en latin - le génitif de pullio qui se rattache à Pullius désignant un gentillice romain.
Quant au terme "Villa", il désigne bien évidemment une maison de campagne ou un domaine agricole de l'époque du Bas-Empire romain.
"Villa Pullionis" est par conséquent la dénomination d'un domaine appartenant à Pullius.
L'histoire de Pouillon est étroitement liée à celle de l'Abbaye de Saint-Thierry.
Nous apprenons ainsi que dès 1126, Pouillon disposait d'un four soumis à la banalité de l'Abbaye. De sorte que les Pouillonais étaient contraints de s'y rendre pour cuire leurs pains.
Un dénombrement de 1384 nous apprends aussi que ce four banal appartenait plus exactement à l'aumonerie de l'Abbaye, et qu'il rapportait 24 sols par an environ. Il nous est impossible de déterminer exactement où se situait ce four, toutefois ce plan réalisé au milieu du XVIIIème siècle indique à l'ouest la présence de vignes dites "de derrière le four"; de même, la plan cadastral de 1835 révèle l'existence d'un lieu-dit "Derrière le Four". Ces deux éléments donnent à penser que le four banal de Pouillon se trouvait donc dans la partie occidentale du village - entre les actuelles Rue Haute et Rue de Derrière Four.
D'autre part, il existait aussi un pressoir banal à Pouillon dépendant de l'Abbaye, et qui rapportait à celle-ci environ 40 livres par an.
D'après "Le Massif de Saint-Thierry: structure et évolution d'un paysage médieval" de Martine DEMAILLY-MENEUR.
Amitiés marnaises,
Sylvain
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mercredi, 27 décembre 2006
Le Village de Pouillon, dans le Massif de Saint-Thierry
Pouillon, commune d'un peu moins de 500 habitants, se situe dans le Massif de Saint-Thierry, au nord-ouest de la Marne.
Elle est titulaire de la Croix de Guerre 1914-1918.
Malheureusement, c'est un village qui ne dispose d'aucune des commodités nécessaires à la vie de tous les jours. Il n'y a plus de commerces - hormis le passage des commerçants ambulants - pas de professionnels de santé, et le seul café existant a cessé ses activités il y a quelques années, en même temps que l'étang auquel il était rattaché.
Pouillon fait partie de ces villages du Massif de Saint-Thierry qui ont découvert plus tardivement que d'autres communes marnaises l'intérêt du champagne. C'est ainsi que, en flânant dans les rues paisibles du village, nous découvrons que la plupart des viticulteurs ne le sont que depuis quelques générations.
En revanche, c'est une commune qui dispose d'un patrimoine historique et naturel intéressant, en partie lié à l'Abbaye de Saint-Thierry. Enfin, c'est en fait sur le territoire de Pouillon que se trouve les vestiges du Fort de Saint-Thierry, l'un des ouvrages faisant partie de la ceinture fortifiée élaborée à la fin du XIXème siècle autour de Reims pour interdire l'accès de la route de Paris aux invasions étrangères.
(à suivre)
Amitiés marnaises,
Sylvain
09:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 26 décembre 2006
Edits sur les infanticides
Je sais, ce n'est pas joyeux pour ces fêtes de fin d'années, mais voici ce que j'ai trouvé sur l'un des forums auxquels je suis abonné (depouillementmarne) concernant les actes d'Etat civil de la Marne:
"Lu dans le registre de Branscourt :
<<L'an de grace mil sept cent soixante cinq, le quatorze juillet, je soussigné Rigobert Guerin, prêtre desservant de Branscourt et Sapicourt, certifie avoir lu aux prières de la messe paroissiale, l'édit de Henry deux contre les femmes et les filles qui cellent leur grossesse pour se conformer à l'ordonnance de
Louis quatorze>>
Attestée dès le XIII° siècle, la déclaration de grossesse n'est réglementée qu'en 1556 par l'Edit de Henri II par crainte des infanticides. Les mères portant des fruits illégitimes sont tenues de faire la déclaration de leur grossesse devant la justice. Le mère qui avait cellé sa grossesse, risquait la pendaison si l'enfant mourrait à la naissance
Cette déclaration fut périodiquement renouvelable jusqu'à la Révolution.
Louis XIV par l'Edit de 1708 prévoit que tous les trois mois, il sera lu aux prônes des messes dominicales par les curés. (déclarations à voir dans les séries B des A.D.)"
Alors, si vous découvrez ces déclarations dans vos registres paroissiaux, n'hésitez pas à nous les transmettre...
Amitiés marnaises,
Sylvain
07:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 25 décembre 2006
Recette champenoise de Noël: le Canard à l'Orange
Bonjour à toutes & à tous,
Et oui, nous voilà déjà à Noël, et vous venez de vous rendre compte que toute la famille débarque à midi pour "gueulletonner" et que rien n'est prêt pour les recevoir !
Courrez vite dans la basse-cour du voisin, et empruntez-lui deux canards (pour les oranges, votre superette du coin doit bien être encore ouverte...); filez à vos fourneaux, et au boulot !
Pour 2 canards, prenez 8 oranges:
- 2 à canneler,
- 3 en jus,
- 3 en quartier.
Couper les zestes en lanières à blanchir.
Les cuire avec une cuillère de sucre & un peu d'eau, éventuellement de l'eau-de-vie. Attention, les zestes doivent confire et ne pas caraméliser ! Ajouter 1 verre à liqueur de liqueur d'orange, et laisser chauffer.
Rôtir les canards, dégraisser la sauce, ajouter 1 grand verre de vin blanc.
Faire un petit roux blond corsé, ajouter le jus de 3 des oranges, ajouter le jus de cuisson des canards.
Découper les canards, répartisser dans un plat à four avec les quartiers de 3 autres oranges, laisser mijoter.
Garnir le plat de service avec les tranches d'oranges cannelées...
Et bon appétit !!!
Amitiés marnaises,
Et joyeux Noël,
Sylvain
09:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 24 décembre 2006
Le décès de Mme Pierre SERVAGNAT
C'est une femme d'honneur, une grande résistante, une conscience intellectuelle et morale douée d'un bel esprit humaniste et républicain qui vient de nous quitter. Fernande Servagnat était la veuve du colonel Pierre Servagnat, commandant des FFI de l'arrondissement d'Epernay. Ses états de service témoignent combien son engagement dans la clandestinité a été intense et combien elle a su faire preuve de sang-froid et de courage. Elle n'en tirait aucune gloire et avec son regard clair et profond elle n'admettait qu'avoir fait son devoir d'épouse, de mère et de citoyenne. Elle confiait avoir mené : « une vie intéressante » et demeurait à la fois passionnée et inquiète des évolutions du monde d'aujourd'hui.
Une vie sparnacienne
D'origine belge, Fernande Servagnat s'installe en 1938 à Epernay. Cette femme cultivée, parlant couramment plusieurs langues étrangères est remarquée pour ses qualités humaines, sociales et la pertinence de ses analyses. L'armistice est pour elle et son mari, une honte et d'un commun accord, ils refusent de se soumettre et de participer à l'affaissement de la France. Dès 1941, passent par sa maison des personnalités qui constituent l'ossature de Ceux de la Résistance. Elle ne se contente pas de les accueillir. Elle agit. Son domicile devient aussi un lieu de passage pour des aviateurs alliés tombés en Belgique, dans l'Aisne, les Ardennes et la Marne. « J'aurais bien voulu me rendre en Grande-Bretagne, mais le deuxième bureau jugeait que Pierre serait plus utile en zone occupée. Il n'était pas question que je le laisse. »
Le convoi des trente-cinq mille
Si Pierre Servagnat échappe à la gestapo, ce n'est pas le cas de Fernande. Elle est arrêtée en décembre 1943. Son dernier garçon n'est âgé que de quatre mois. Au secret pendant trois mois à la prison de Châlons-sur-Marne, elle est transférée à Laon puis à Romainville avant d'être déportée à Ravensbruck. Elle en parlait avec dignité et gravité. « En arrivant au camp, ce qui m'a frappé, ce sont les milliers de femmes émaciées portant des robes rayées et dont le regard était vide. »
Elle subit la déshumanisation réservée par les nazis aux déportés. Elle souffre, s'affaiblit ne désespère jamais. A son retour ses enfants ne la reconnaissent pas. Elle s'engage alors dans les œuvres sociales de la Résistance et dans la vie associative du monde combattant.
Il y a peu, elle résumait ainsi Ravensbruck : « L'horreur du camp m'a permis de découvrir l'être humain dans ce qu'il a de plus mauvais et de meilleur. Finalement je ne regrette pas. J'ai tant appris. » Sa fidélité en amitié était aussi exemplaire comme peut en témoigner une autre grande dame de Résistance, déportée comme elle à Ravensbruck, Yvette Lundy.
Les obsèques de Fernande Servagnat auront lieu le mercredi 27 décembre à 14 heures en l'église de Sermiers. A sa famille, l'union présente ses condoléances du cœur.
Hervé Chabaud du Journal champardennais L'Union
Amitiés marnaises,
Et n'abusez pas du Champagne ce soir ;-)
Sylvain
10:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 23 décembre 2006
La dernière lettre écrite par des soldats français tombés au champ d'honneur 1914-1918
Jean DE LANGENHAGER appartenait à une famille de médecins, il se sentit attiré par vocation vers la médecine, et prit quatre inscriptions à la Faculté de Paris. Il achevait sa première année de service militaire, au Havre, quand la guerre éclata. Ayant obtenu de partir comme soldat dans le rang, et non comme infirmier, il fit avec son régiment la partie initiale de la campagne, Charleroi, la retraite, la Marne. Blessé le 7 Septembre 1914, à la bataille de la Marne (combat de Cougivaux), il passa de longs mois dans les hôpitaux de l'arrière. Sa blessure, quoique peu grave, était mal placée: il avait eu le pied fracturé, et une saillie osseuse, due à une consolidation vicieuse, gênait la marche. Les médecins voulaient le faire passer dans le service auxiliaire. Il s'y refusa, obtint de porter une chaussure orthopédique, qui corrigeait le vice de la démarche, et, maintenu dans le service armé, rejoignit enfin le dépôt de son régiment. Là il trouva sa nomination de caporal, qui l'attendait depuis la bataille de la Marne; mais bientôt, en exécution des ordres ministériels qui, pour combler les pertes du cadre des jeunes médecins, prescrivaient de rechercher dans les formations combattantes les étudiants en médecine, même pourvus de quatre inscriptions seulement, pour les nommer médecins auxiliaires, il fut promu à ce grade et renvoyé au front en cette qualité. D'abord affecté à un régiment territorial, qui gardait les lignes de l'Argonne, il passa, sur sa demande, dans un régiment de l'active, et il tomba, dans une attaque, frappé d'une balle en plein coeur, en suivant, dit la citation à l'ordre de l'armée dont il fut honoré, la vague d'assaut de son unité, pour secourir plus rapidement les blessés.
"4 Avril 1917.
Mon cher Oncle,
Nous nous recueillons pour l'action prochaine, qui n'est un mystère pour personne. C'est assez proche. Pas du tout d'enthousiasme. Mais pas du tout de défaillance, ni même de défiance. La guerre est devenue presque une habitude, un nouveau genre de vie, pour mes camarades, et ils sont blasés. Ils ne vont pas joyeusement au feu, presque ivres d'avance d'une victoire certaine et décisive, comme ceux de Mesnil-lès-Hurlus, de Tahure, de Massiges. Ils comptent avec l'ennemi. Ils savent qu'on a déjà fait bien des tentatives coûteuses et infructueuses. Ils savent aussi que, fatalement, un jour viendra où une de ces tentatives sera suivie d'une grosse avance, et ils se disent: Ce sera peut-être cette fois-ci. Ce ne sera pas un élan de patriotisme et d'abnégation. Ce sera une tâche, presque un métier, résolument entreprise, poursuivie avec patience, avec conscience, avec un courage contenu et le souci de la mener à bien. Je trouve que c'est, après trente-deux mois d'épreuves, un très beau moral.
Quant à moi, j'ose à peine m'abandonner à l'espoir que je suis peut-être appelé à prendre ma revanche d'Août-Septembre 1914. Je suis content d'avoir enfin une raison d'être. Depuis que je suis revenu au front, il y a presque un an, l'évidence de mon utilité ne m'était pas apparue. Je vais enfin vivre de grandes heures. Pourvu que mes parents soient forts! J'aime autant les savoir à Paris, où ils pourront puiser chez vous un peu de réconfort.
Comment te dire, cher oncle Paul, à quel point j'ai été ému de savoir que tu tournais vers moi tes pensées et tes voeux. Comment t'en remercier, sinon en te disant que mon plus cher désir, si je reviens de la guerre, sera d'avoir avec toi de fréquents entretiens pour essayer de profiter de ta longue expérience des choses et des hommes, et de toute la philosophie que tu as amassée.... Je termine en t'envoyant toute mon affection, et en vous embrassant, tante Marie, Henri et toi, de tout coeur.
JEAN."
Amitiés marnaises,
Sylvain
18:13 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 22 décembre 2006
Le "Parc de Champagne" à Reims
Je vous propose ce soir une petite visite historique dans l'ancien "Parc Pommery", renommé "Parc de Champagne" après son rachat par la Ville de Reims:
"Ce Parc de 22 ha, fut créé en 1912 par Pommery «1er grand mécène sportif de France» pour le Collège d'athelètes de Georges Hebert.
Le 23 Juillet 1912, 23000 spectateurs acclament à Reims vingt-sept athlètes de retour des Jeux olympiques de Stockholm. Toute la presse est là, qui parle abondamment de ces «Jeux olympiques de Reims», la première grande manifestation sportive organisée à Reims dans le parc Pommery, dont c'est l'inauguration officielle. Son promoteur, le marquis Melchior de Polignac, grand ami personnel de Pierre de Coubertin, est considéré à l'époque comme «le premier grand mécène sportif de France».
Sportif accompli, le propriétaire de la Maison Pommery vient de réaliser un vieux rêve. Les travaux ont commencé quelques années plus tôt sur un vaste terrain désertique et caillouteux de 22 hectares situé à la sortie de Reims vers Châlons-en-Champagne. Les plans ont été élaborés par un architecte paysagiste de génie, le Rémois Édouard Redont, qui a su donner à cet ensemble sportif le charme d'un jardin d'agrément, et en a fait un chef-d'œuvre de l'art paysagiste. Sa réalisation a nécessité le déplacement de 492.000 m3 de craie et l'apport de 278.000 m3 de terre végétale. À l'origine, le parc était destiné au personnel de la maison de champagne Pommery, mais il devint vite le premier grand parc sportif de France et sera longtemps considéré comme le plus beau.
Un an après cette grande manifestation sportive du 23 juillet 1912, la Maison Pommery réalise un autre projet en ouvrant dans le parc le Collège d'athlètes, dirigé par le lieutenant de vaisseau Georges Hébert, qui va y enseigner sa célèbre «méthode naturelle» connue sous le nom d'hébertisme. Il s'agit d'une méthode simple, à la base de laquelle se trouvent la marche, la course, le saut, le grimper, le lever, la natation et les exercices de défense naturelle. Le parc Pommery offre déjà toutes les installations nécessaires pour la bonne marche de ce collège, qui suscite cependant quelques polémiques, certains intellectuels étant choqués par l'accouplement du mot collège au mot athlètes, d'autres qualifiant ce collège de «boutique à muscles», de «boîte à bachot pour candidats aux Jeux olympiques». Mais la nouvelle méthode séduit beaucoup de jeunes qui sont rebutés par les systèmes fastidieux d'éducation physique pratiqués dans les écoles. Cette fois encore le Champagne affronte les idées préconcues, prouve son ouverture d'esprit et expérimente des voies nouvelles qui se révéleront très favorables à l'épanouissement des hommes et femmes qui s'y aventurent. En six mois, une piste ovale, un gymnase couvert de 40 mètres sur 20 et une piscine en plein air sont construits, accompagnés de salles de boxe et d'escrime. Le renouveau de l'athlétisme national est là.
Pour comprendre cet engouement soudain, il faut savoir qu'au début du XXe siècle le sport est encore considéré comme une activité mineure, tout juste bonne pour quelques brutes «dépourvues d'intelligence et assez mal élevées pour s'exhiber à moitié nues en public». C'est pourquoi l'idée de créer un parc spécialement conçu pour la pratique de jeux de plein air était une idée révolutionnaire. Il a fallu tout l'enthousiasme de la Maison Pommery pour se lancer dans cette aventure et la réaliser en quelques années, en dépit des critiques, qui ne manquaient pas.
La récompense arrivera en 1913, lorsque le président de la République, Raymond Poincaré, qui vient d'inaugurer à Reims les nouvelles salles du musée et l'hôtel de la Mutualité (offertes par la Maison Roederer), décide de visiter le Collège d'athlètes. Surprise générale ! Jamais un président de la République ne s'est «aventuré», selon l'expression d'un journaliste, dans une manifestation sportive. Le maire de Reims lui-même, le bon docteur Langlet, s'est montré très réticent avant de conduire Raymond Poincaré au parc Pommery car les activités sportives n'étaient pas encore reconnues, indispensables à l'épanouissement individuel.
Mais le Président Poincaré trouve «vraiment beau, très beau» le spectacle sportif qui lui est présenté. Il assiste à une leçon de gymnastique, puis de natation, s'amuse en considérant la course à quatre pattes, et admire «le modelé des muscles et la souplesse des corps». Sa satisfaction est considérée par la presse comme la consécration officielle de l'éducation physique en France. Ce que le journal L'Opinion commentera en ces termes : «Il est bien flatteur d'assister à une journée historique... Nous sommes ravis que la consécration officielle de l'éducation physique ait lieu à Reims, cité traditionnelle des sacres».
A Reims, la méthode Hébert va révolutionner l'enseignement de l'éducation physique dans les établissements scolaires. Georges Hébert se rend lui-même deux fois par semaine au lycée de jeunes filles. Habituées à une gymnastique morose faite d'une suite fastidieuse de mouvements de bras et de jambes — un, deux, trois, levez les bras, baissez les bras... —, les lycéennes découvrent avec émerveillement cette méthode qui leur permet de courir dans les jardins du lycée, de grimper à la corde, de jouer à saute-mouton. Dès lors, l'heure de gymnastique devient l'une des plus agréables dans le programme des études secondaires.
Malheureusement, les jours du Collège sont comptés. En 1914, le jour de la mobilisation générale, ses athlètes se dispersent.
Beaucoup ne reviendront pas et le parc Pommery, situé sur le front, ne sera plus en 1918 qu'un amas de ruines. Cependant, par la suite, il sera restauré et connaîtra encore de belles manifetations sportives et de grandes fêtes. C'est notamment sur ses terrains que s'entraînera, à son époque glorieuse, la fameuse équipe du Stade de Reims.
Restauré en 1922, le Parc Pommery redevient un espace sportif où l'équipe du Stade de Reims, à son apogée, vient s'entraîner.
Mis à la disposition de la ville de Reims par son généreux propriétaire (LVMH), le Parc de Champagne sera réaménagé en 2004 pour devenir un site privilégié d'animations bucoliques diverses."
Amitiés marnaises,
Sylvain
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