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mardi, 09 janvier 2007

Il y a 50 ans, un train de munitions explosait à la Gare de Sézanne

Trois soldats tués. Douze blessés. 200 personnes sans abri. Il y a 50 ans, jour pour jour, Sézanne était secouée par l'explosion d'un train de munitions. Les Sézannais se souviennent encore.

Une plaque. Trois noms gravés. Une mention, «Explosion du 9 janvier 1957». Voilà tout ce qui rappelle le drame qui s'est joué, il y a 50 ans, en gare de Sézanne.
Le bilan est tragique. Trois soldats français ont péri ce jour-là, tués par l'explosion de tête de roquette. Douze Sézannais, dont trois pompiers ont été blessés par des éclats. Plus de 200 personnes ont dû être relogées, vitres, toitures et habitations ayant été endommagées à des centaines de mètres à la ronde.
De leur côté, les membres de la toute jeune association «Sezannia» ont souhaité faire revivre cet épisode tragique du passé au travers de témoignages, de documents et de photographies. «Ce drame s'est passé il y a 50 ans, jour pour jour. Il existe encore quelques témoins de cette époque. Il nous semblait important de commémorer ce triste anniversaire, 50 ans après», assure Jacqueline Touchais prouvant, s'il en était besoin, que ce Cercle d'histoire de Sézanne et ses environs «ne s'intéresse pas qu'à l'histoire du Moyen âge». Et René Guyot de poursuivre: «Il s'agit également de permettre aux gens d'apporter un témoignage ou d'en découvrir certains, d'une histoire qui les touche de très près».
Simon Makolandra, le trésorier de «Sézannia» a vécu l'explosion du 9 janvier 1957. «J'avais huit ans à l'époque, mais je me souviens parfaitement de ce jour-là». Ses parents résidaient à une cinquantaine de mètres de la gare. «Là où se situe, aujourd'hui le parking du centre Leclerc», resitue le Sézannais.
«Ce jour-là, je n'étais pas chez moi. Lorsque j'ai voulu regagner le domicile de mes parents, quelqu'un m'a dit: "Vous les gamins, vous ne passez pas"». Il était près de 18 heures. «On a entendu des bruits énormes. Les étincelles étaient visibles très haut dans le ciel et surtout, une pluie d'éclats de ferraille ne cessait de tomber sur nous».
Ce n'est que vers 20 heures que le père de Simon a pu rejoindre son fils. «On est passé derrière l'usine pour rentrer. Elle avait été gravement endommagée par cette série d'explosions», témoigne l'homme âgé aujourd'hui de 58 ans.
Le trésorier de «Sézannia» ainsi que les membres de l'association travaille sur cette exposition depuis près de six mois.
De son côté, Simon Makolandra a pu mettre la main sur toute une série de photos, données par la famille d'un sinistré.
Conscient du contexte particulier de cette époque, «on était en pleine guerre d'Algérie», rappelle Jacqueline Touchais, les membres de «Sézannia» n'ont pu recueillir que quelques témoignages notamment celui de Mme Bellanger, infirmière à l'hôpital au moment du drame.
«Certains témoins ont préféré ne pas voir ressurgir des souvenirs douloureux en venant apporter leurs témoignages mais on espère qu'ils viendront visiter l'exposition», assure, confiant, René Guyot.
Dans les documents, les visiteurs retrouveront la «Une» que L'Union a consacrée à cet événement dès le 10 janvier. A l'époque, «Le Figaro» titrait: Sézanne semblable à une ville bombardée. L'hebdomadaire à sensation «Radar» consacrait deux pleines pages de photos sous le titre choc: Sézanne revoit les horreurs de la guerre. C'était il y a 50 ans.

Malgré son âge, 81 ans, le père Albert Mathieu affirme: «Je n'oublierai jamais cette terrible journée et celles qui suivirent l'explosion».
Ordonné prêtre en décembre 1948, Albert Mathieu a été nommé à la paroisse de Sézanne le 2 janvier 1949. Il assurera ses fonctions jusqu'au 2 octobre 1951 pour rejoindre Broyes et Les Essart-lès-Sézanne de 1961 à 1966.
«A l'époque, j'étais également aumônier militaire. Je connaissais donc parfaitement les militaires du dépôt de munitions d'Allemant».
Et pour cause. «Je venais discuter chaque soir avec eux. Il faut se replacer dans le contexte de l'époque. C'était la guerre d'Algérie ! ».
Et d'apporter un éclairage sur l'ambiance de l'époque: «On stockait les munitions à Allemant. Dès 1955, les munitions étaient envoyées à Marseille, par des itinéraires soi-disant tenus secrets. Et les trains étaient chargés en gare de Sézanne».
Ce jour-là, le père Mathieu se souvient que «le chargement des wagons s'est achevé vers 17 heures. Un officier devait les plomber lorsque l'explosion a eu lieu».
Le curé se rappelle bien de l'explosion. «Je me suis vraiment demandé ce qui se passait. J'ai pris ma voiture jusqu'à la rue Notre-Dame. Il fallait évacuer le quartier de la gare et empêcher les curieux d'approcher». Une seconde explosion est alors survenue. «Et tout le monde avait disparu en trois minutes».
L'aumônier se rend alors à Allemant «et personne n'était au courant concernant les trois militaires tués». Le 22 janvier 1957, Albert Mathieu assistera aux obsèques de l'un des trois victimes dans l'Ain. «Celle que je connaissais le mieux».
Les sans-abri se comptent par centaines. «Il a fallu alerter la Croix-Rouge et le Secours catholique pour procéder au relogement notamment vers le Prétoire».
Des couvreurs et vitriers de toute la région sont appelés en renfort dès le lendemain de l'explosion. «Des morceaux de wagon ont été retrouvés jusque dans la rue de Châlons». A l'époque de nombreux journaux avaient relaté l'événement.

Amitiés marnaises,
Sylvain

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